En novembre, l’ifage a proposé plus de 1700 sessions de cours à distance

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En novembre, l’ifage a proposé plus de 1700 sessions de cours à distance. Des cours essentiels ont pu avoir lieu en présentiel

L’ifage, la Fondation pour la formation des adultes à Genève, a abordé la deuxième vague du Covid 19 avec un savoir-faire éprouvé au printemps. En novembre, 1756 sessions de cours ont pu avoir lieu via écran, soit le double de la moyenne mensuelle du premier confinement. La Confédération a permis de maintenir en présentiel les activités didactiques indispensables pour la formation, suivant des règles sanitaires strictes. Les étudiants débutants en français ont par exemple pu continuer leur formation, indispensable pour leur intégration. Les cours en atelier de l’industrie et du bâtiment ont eu lieu sur place. Les formateurs de l’ifage ont bénéficié de cours internes sur la pédagogie en mode numérique.

Début novembre, la fermeture physique de l’ifage a été compensée par un redémarrage des cours à distance. D’avril à juin, le nombre de sessions virtuelles ou cours s’était élevé à environ 900 par mois. Fin novembre, ce chiffre avait presque doublé. «Actuellement, 222 de nos 350 formateurs et formatrices ont déjà suivi une formation spécifique à l’enseignement distanciel. Et les retours sont bons, car ce mode est pratique et il apporte un sentiment de sécurité aux étudiants», se réjouit Hélène Picco-Berlot, directrice du pôle Business. «A terme, ce modèle pourrait devenir pérenne», estime Nicolas Reichenbach, qui a mis en place à l’ifage les formations internes de pédagogie via le numérique.

Dès mars, la nécessité de basculer vers un enseignement à distance a accéléré la transition numérique. «Le savoir-faire de nos formateurs dans cette modalité a fait un bond», raconte Selda Can, responsable de la filière Français. «L’enseignement à distance implique une préparation minutieuse en amont, explique Nicolas Reichenbach. Les cours doivent proposer des séquences plus courtes. Les formateurs s’efforcent de créer un environnement qui favorise un lien et des échanges entre les participants.». Certains ont d’ailleurs pris l’habitude d’ouvrir leur classe un peu avant le cours, facilitant les échanges informels. «Ce que nous avons pu proposer à l’interne en terme de formation à distance, nous pourrons bientôt le proposer au public», prévoit Nicolas Wirth, directeur général de l’ifage.

Fin octobre, le Conseil fédéral a autorisé des activités didactiques pour lesquelles la présence sur place des élèves est indispensable. Cette disposition s’est notamment appliquée aux cours de français pour débutants et à des formations du domaine du bâtiment et de l’industrie. Dans la filière électricité de l’ifage, par exemple, les formations sont dispensées alternativement en classe et à distance. «Les inscriptions sont en plein boom, car les gens ont besoin d’avancer dans leur métier», résume Marc Kaiser, responsable de cette filière. Les moments d’apprentissage pratique se déroulent en classe. La jauge des classes est fixée à 15 personnes au maximum. Un plan de protection sanitaire a été mis en place à l’ifage suivant les recommandations officielles.

Eclairage

Le maintien en présentiel d’un partie des cours de français a permis à des allophones et à des personnes mal équipées de suivre leur formation

Pour les personnes arrivées récemment à Genève, en attente d’un renouvellement de permis de travail, de séjour, ou d’une certification en vue d’un emploi, les formations de français dispensées par l’ifage répondent à une nécessité socio-professionnelle. Une attestation de compétences linguistiques FIDE* est par exemple nécessaire dans le cadre d’une naturalisation ordinaire. Ce processus exige un niveau B1 à l’oral et A1 à l’écrit. La fondation est un centre d’examens agréé pour les certifications officielles en français*. Elle prépare les participants à ces examens.

Des dispositions particulières du Conseil fédéral datées de fin octobre ont donc permis à l’ifage de continuer à offrir une partie des cours de français en présentiel. «Parmi les participantes et participants de niveau A1 ou A2, se trouvaient des personnes qui n’étaient pas équipées pour suivre un cours à distance dans des conditions optimales», raconte Selda Can, responsable de la filière Français. D’autres vivent dans un environnement qui n’est pas compatible avec des cours à distance, comme dans un foyer par exemple. Enfin, certains étudiants manquent d’une maîtrise suffisante du français pour accéder aux instructions d’un cours en ligne. «L’’ifage propose à toutes ces personnes un cursus en classe, dans un environnement sanitaire sécurisé, afin qu’elles continuent de progresser», précise la responsable de formation. Les classes intègrent une moyenne de 10 personnes et de 15 au maximum. Une présentation des règles sanitaires a lieu au début de chaque cours. Le port du masque est obligatoire. Du gel hydro-alcoolique est disponible. Les locaux sont aérés et désinfectés après chaque session.

La continuation de cours en présentiel à l’ifage a donc joué un rôle crucial pour ce groupe. «Les personnes qui suivent ces cours viennent d’horizons culturels et socio-économiques très divers. Une chose les rapproche : la nécessité d’apprendre la langue parlée à Genève. C’est notamment le cas pour des personnes au foyer, ou qui éprouvent le besoin d’améliorer leur français pour accompagner leurs enfants dans leur parcours scolaire. «Les moments passés en classe jouent un rôle social important», conclut Selda Can.

*L’ifage est un centre d’examen agrée pour le Diplôme d’études en langue française (DELF) et le Diplôme approfondi de langue française (DALF). C’est aussi le cas pour le Français, Italiano, Deutsch en Suisse (FIDE), le programme suisse pour la promotion de l’intégration linguistique

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